Le futur des Cryto-monnaies : trouver l’équilibre entre un KYC efficace et une expérience utilisateur simplifiée

trouver l’équilibre entre un KYC efficace et une expérience utilisateur simplifiée

Désormais considérées comme des institutions financières, régies par la 5e directive européenne (5AMLD) et par les récentes réglementations MiCA et TFR, les plateformes de crypto-actifs ont compris que se soumettre à certaines contraintes leur permettra de rendre leur secteur plus attractif et de conquérir davantage de clients dans les années à venir. A condition de proposer un système d’authentification des utilisateurs fiable, qui facilite l’onboarding et qui ne pénalise pas l’expérience client.

Cryptomonnaies : une tendance qui s’accélère et qui séduit

Synonymes de liberté, de frais réduits ou de gains rapides, les crypto-monnaies se démocratisent sans cesse. 8% des Français ont déjà investi dans ces monnaies numériques, des hommes de moins de 35 ans pour plus de la moitié d’entre eux. Aux États-Unis, 16 % des adultes résidents (1) ont investi dans des crypto-actifs. Considérant cette monnaie comme stable, les gouverneurs de Floride et du Colorado ont même récemment déclaré vouloir que le bitcoin soit rapidement accepté pour le paiement des impôts. Mais l’Allemagne mène la course, avec 37% des particuliers investissant déjà dans les crypto-monnaies (2). Si de nombreux sites comme Microsoft, Rakuten, Amazon, Expedia, PayPal, NordVPN ou des chaînes de restauration rapide comme Starbucks ou KFC acceptent ces monnaies numériques, elles restent une exception en France et dans le monde.

Un marché économique en croissance

Cette facilité d’accès a séduit les cybercriminels. Depuis 2017, le blanchiment d’argent via les crypto-monnaies est estimé à environ 33 milliards de dollars, soit une moyenne de 6,6 milliards par an (3). Si la Chine a décidé de bannir le Bitcoin et les crypto-monnaies de son territoire, l’Europe, de son côté, a décidé d’opter pour la régulation. En effet, même si le secteur des crypto-monnaies reste une affaire d’early adopters, il présente un réel intérêt économique. Selon Chainanalysis, avec la flambée des prix mondiaux, les investisseurs ont gagné près de 163 milliards de dollars sur les crypto-monnaies en 2021, cinq fois plus qu’en 2020. Pour favoriser la croissance de ce secteur, l’Europe a choisi de lutter contre la fraude et d’assurer la sécurité des investisseurs et des utilisateurs finaux. .

Réglementation KYC : des obligations rassurantes

La transposition de la 5e AMLD, la directive européenne relative à l’utilisation du système financier aux fins de blanchiment de capitaux ou de financement du terrorisme, ainsi que les récentes réglementations MiCA et TFR, s’appliquent désormais aux plateformes de cryptomonnaies. Celles-ci sont désormais considérées comme des établissements financiers, au même titre que les banques ou les établissements de crédit. Ils ont donc, entre autres, des obligations de KYC (Know Your Customer) et de vigilance à l’égard de la clientèle. Ces obligations sont également très strictes puisqu’elles imposent un KYC dès le premier euro payé. Pour opérer en France, ils doivent également être enregistrés en tant que PSAN (Prestataires de Services sur les Services Numériques) auprès de l’AMF. Binance, le plus grand échange de crypto-monnaie au monde, s’est conformé à cette procédure, devenant la 37e entreprise à obtenir le statut PSAN et convoitant Paris comme point d’ancrage.

Un KYC renforcé, mais garantissant une expérience client simple et rapide

Pour se conformer à la réglementation, la plateforme, enregistrée sous le nom de PSAN, doit donc initier la démarche KYC pour toute opération. Cette étape d’identification, réalisée lors de l’intégration du client, doit répondre aux enjeux du Code des marchés financiers dans le cadre de l’entrée en relation d’affaires à distance. Elle reposera donc sur deux mesures de vigilance parmi les six disponibles. Parmi les mesures les plus en vogue et disponibles à ce jour, la signature électronique qualifiée est celle qui s’impose aujourd’hui comme étant la plus sécurisée. Il consiste en une captation vidéo de la pièce d’identité et une analyse biométrique du visage du titulaire de la pièce d’identité couplée à la signature d’un document attestant de l’identité de la personne, le tout depuis un simple ordinateur ou smartphone. Des services certifiés PVID (Remote Identity Verification Service Provider) apporteront également des réponses aux enjeux des régulateurs, mais aucun service de ce type n’a encore été certifié par l’ANSSI.

Pour conserver leur facilité d’utilisation légendaire et une expérience client fluide, tout en respectant ces exigences KYC, les plateformes doivent donc s’appuyer sur ces dispositifs contraignants tout en garantissant un processus de vérification et d’authentification. identité sécurisée, simple et rapide. Cette procédure KYC doit être réalisée en 3 minutes, disponible 24h/24 et 7j/7. Les autorités pourront ainsi identifier chaque utilisateur derrière chaque compte et identifier d’éventuels fraudeurs.

Le monde des crypto-monnaies s’est créé en marge de la finance traditionnelle, avec une culture de l’expérimentation et un esprit libertaire qui s’est affranchi des règles. La sécurité des plateformes voulue par le législateur et la protection apportée par l’obligation KYC devraient grandement contribuer à rassurer les investisseurs et les utilisateurs finaux dans notre pays. Selon une toute récente étude KPMG pour l’ADAN (4), la base de 8 % de Français ayant investi en 2021 pourrait monter à 12 ou 13 % fin 2022.

(1) Chiffres communiqués par le gouvernement américain le 9 mars 2022 au moment de l’annonce du dollar numérique
(2) « Into The Cryptoverse 2022 » : Etude réalisée par la plateforme KuCoin en mars 2022
(3) https://blog.chainalysis.com/reports/2022-crypto-crime-report-preview-cryptocurrency-money-laundering/
(4) https://home.kpmg/fr/fr/home/insights/2022/02/la-crypto-en-france.html

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