Test - Deathloop - Home sweet home |  Xbox One

Test – Deathloop – Home sweet home | Xbox One

“Nous le savions” nous prônons fièrement, maintenant que Deathloop est officiel sur les consoles Xbox Series ainsi que dans le Game Pass, un an après sa sortie sur Playstation, mettant ainsi fin à son exclusivité temporaire signée avec Sony avant l’acquisition de Bethesda et de ses studios de Microsoft. Mais rappelez-vous, nous étions moins intelligents plus tôt ce mois-ci lorsque Microsoft a annoncé les jeux Game Pass pour septembre et que le dernier bébé d’Arkane Studios ne figurait pas sur la liste. Rassurez-vous à juste titre puisque les critiques ont été unanimes l’an dernier à sa sortie, le récompensant d’un splendide 88 sur Metacritic. Plus de panique, c’est accompagné d’une mise à jour intitulée Golden Loop qu’elle arrive par la porte d’entrée. Revenons ensemble sur ce qui en fait un titre si apprécié.

Juste une boucle

Difficile d’expliquer le principe même de Deathloop. Non pas que ce soit difficile à comprendre, juste qu’il regorge de tellement de bonnes idées qu’il en devient un méli-mélo de genres résultant en une expérience unique. Le jeu propose donc une boucle (d’où son nom, ‘loop’ en anglais signifiant boucle) qui se répète sans cesse, à l’instar du film ‘un jour sans fin’. Colt, notre protagoniste, se réveille amnésique sur une plage inconnue et comprend rapidement qu’il est échoué sur une île, sans échappatoire possible.

Comme seul guide, des messages manuscrits (très stylisés d’ailleurs) apparaissent sur notre écran en même temps qu’ils apparaissent aux yeux de notre personnage, lui chuchotant à l’oreille ce qu’il faut faire. Au coucher du soleil, la journée recommence. Encore et encore et encore. Idem lorsque Colt passe de la vie à la mort, il se réveille sans aucun doute à l’aube, allongé sur cette plage, un endroit que nous aurons l’occasion de voir d’innombrables fois. Seule Julianna, une mystérieuse assassine, semble être au courant de cette boucle et du calvaire que traverse Colt. Bien qu’une certaine complicité mêlée à une rivalité s’installe entre eux, ce dernier est avant tout là pour stopper notre progression et nous empêcher de briser cette fameuse boucle temporelle. Assurément, Julianna est l’une de nos plus redoutables ennemies.

Pour sortir de là, il faut réussir à refroidir 8 personnages uniques présents sur l’île. 8 cibles spéciales réparties sur 4 niveaux, réparties en 4 périodes différentes de la journée. Moins compliqué qu’il n’y parait, notre objectif se dessine doucement après quelques heures de jeu. N’oubliez pas que chaque niveau se décline en 4 variantes, matin, midi, soir et nuit.

Selon le moment choisi, certaines zones s’ouvrent (ou se ferment) devant nous, les portes se déverrouillent, les PNJ voyagent, bref plusieurs subtilités qu’il va falloir assimiler afin de réussir la boucle parfaite, c’est-à-dire assassiner tous nos objectifs avant que la journée ne se termine et ne recommence donc, annulant toute notre progression. Le temps ne progresse qu’entre les niveaux et non lorsque nous y sommes, nous permettant d’explorer librement ces immenses zones de jeu, afin de découvrir les nombreux raccourcis et cachettes.

Réussir à “fermer” l’aventure

On vous parlait un peu plus tôt de la ‘boucle parfaite’, laissez-moi vous éclaircir ça. Bien qu’elle révèle une liberté d’approche quant au choix de nos cibles et à l’ordre dans lequel on choisit son niveau, la progression dans Deathloop est en réalité très scénarisée. Il n’y a pas beaucoup de façons de terminer le jeu, à nous de trouver l’ordre unique des éliminations qui permettra d’atteindre la fin du jeu.

On est donc, au final, loin d’un Hitman, du moins au niveau du scénario. Le scénario est aussi l’une des grandes forces du jeu, cette vision très ‘sandbox’ et pourtant linéaire permet une mise en scène et une narration exemplaires, lui conférant une identité unique. Un fil rouge est présent, nos ‘missions’ sont expliquées à travers notre menu et il est même possible d’afficher sur notre carte où et quand se rendre à un endroit, évitant ainsi de se perdre dans cet univers qui peut s’avérer dense ( voire opaque, dans ses premières heures). Bien que l’un des grands plaisirs du jeu soit justement son exploration et la découverte d’indices, nous vous conseillons au maximum d’éviter ces aides afin de profiter pleinement de l’incroyable level design du jeu.

Pleins de zones à explorer, d’endroits cachés, de portes à déverrouiller, les quatre lieux sont l’œuvre d’un orfèvre car un grand soin leur a été apporté.

On découvre encore des lieux secrets après plus de vingt heures de jeu, récompensant à chaque fois l’exploration et la curiosité du joueur, que ce soit par des armes uniques ou par des dialogues bien sentis, nous en apprenant toujours plus sur le passé de Colt et Julianna.

Une porte verrouillée est rarement synonyme d’impasse, de nombreuses options de progression s’offrent à nous, comme pouvoir la contourner via un tunnel caché, ou en se téléportant de toit en toit. Le jeu joue également avec la verticalité, renforçant la créativité du joueur, permettant de nombreuses approches différentes.

Corvo X Doomslayer

Ce principe de boucle n’a pas seulement un aspect scénaristique, il impacte directement le gameplay. Colt se retrouve au point de départ à chaque boucle, ce qui est aussi notre cas en tant que joueur. Adieu armes et pouvoirs, améliorations et progrès, nous recommençons à zéro. Cela pourrait dérouter au début, voire peut-être décourager certains.

Mais rassurez-vous, on débloque très vite la possibilité d’infuser nos armes et nos pouvoirs, nous permettant ainsi d’en garder toujours plus après chaque mort. Idem pour les raccourcis, une fois déverrouillés ils le resteront pour les boucles d’après. Il y a clairement une marge de progression personnelle, comme dans tout bon ‘die and retry’, l’expérience du joueur et la connaissance des niveaux faciliteront énormément la suite des boucles.

Pour nous aider à éliminer nos cibles, ainsi que les essaims d’ennemis qui se dressent sur notre chemin, un arsenal plus ou moins complexe est mis à notre disposition. Plusieurs types d’armes plus ou moins classiques, allant des pistolets aux fusils qui tirent des clous, eux-mêmes disponibles en plusieurs niveaux de rareté. Nous pourrons également les modifier, en ajoutant des bonus ou des accessoires, afin de personnaliser au maximum notre façon de jouer. A cela s’ajoutent nos pouvoirs, peu nombreux mais très utiles, qui eux-mêmes s’améliorent de plusieurs manières.

Bref, imaginez le gameplay d’un Dishonored, moins discret et tout boosté aux amphétamines. L’un des pouvoirs nous permet de nous téléporter sur une courte distance, privilégiant ainsi les armes à courte portée, ou nous permettant de franchir un précipice. Un autre pouvoir, visuellement impressionnant, lie le destin de nos ennemis les uns aux autres. Tout ce que vous avez à faire est de tirer sur l’un d’eux pour achever tous les autres. Et si nos affrontements commencent timidement, notre montée en puissance sera rapide, au point d’assommer des hordes d’ennemis en se précipitant tête la première. Des ennemis qui finiront par servir principalement de chair à canon. À quelques exceptions près.

L’heure de la fête

Nos 8 cibles spéciales portent le doux nom de Visionnaires et ont toutes droit à une présentation très stylisée. On peut les assimiler à des mini-boss, puisqu’ils sont souvent bien entourés et disposent également de pouvoirs et d’armes spéciaux, qu’on leur volera rapidement une fois refroidis. Ils ont aussi un parcours qui s’avère souvent captivant. 8 cibles que l’on apprendra à connaître par cœur, tant par leurs habitudes que par leurs déplacements, et dont chaque interaction donne lieu à des dialogues bien sentis.

On évitera d’entrer dans trop de détails et on vous laissera le plaisir de la surprise, celles-ci sont colorées et contribuent à l’ambiance déjantée du jeu.

En parlant d’ambiance, difficile de passer à côté du rétro 60’s, à base de velcro, de musique jazzy et de décor kitsch dans lequel on évolue. Blackreef est une relique du passé, où ses habitants vivent la même journée encore et encore, parsemée de luxure et de nuits de fête. Les paramètres de croisement varient considérablement, allant d’une base militaire secrète rappelant un méchant de James Bond à un campement scientifique au milieu d’un glacier. Jusqu’à une fin en apothéose d’un point de vue scénaristique, bien que les dernières heures s’avèrent légèrement répétitives manette en main, le temps de refaire la boucle une dernière fois.

Si vous avez suivi la communication autour du jeu, vous avez sans doute remarqué qu’un volet multijoueur est également de la partie. Julianna, notre ennemie qui nous poursuit à travers les niveaux, peut être jouée par un joueur adverse. Cette option peut être désactivée et n’apporte finalement pas grand-chose à l’aventure. A moins que vous ne vouliez vous-même envahir l’univers d’un autre Colt afin de mettre des bâtons dans les roues.

Boucle d’or

Quoi de neuf dans cette version Golden Loop ? Une nouvelle arme, un nouveau type d’ennemi, des skins et plusieurs nouvelles améliorations vous attendent. Certaines armes ont des améliorations différentes, donnant au joueur le choix d’adapter encore plus son équipement en fonction de sa façon de jouer. Loin de changer radicalement l’expérience de jeu, ces petits changements apportent une bouffée d’air frais qui étoffe un jeu déjà dense, sans dénaturer la proposition de base.

Quant à cette adaptation Xbox Series, pas de surprise d’un point de vue technique, le jeu tourne parfaitement et sa période de gestation d’une année supplémentaire aura éliminé les quelques bugs qui entachaient légèrement le titre lors de sa sortie. Il existe même une option multiplateforme pour le matchmaking. La seule absence notable est celle des fonctionnalités propres au DualSense, comme les gâchettes adaptatives et le haut-parleur intégré à la manette, utilisé pour les dialogues avec Julianna. Pas de quoi bouleverser l’expérience de jeu, mais on aurait aimé une alternative.

Test réalisé sur Xbox Series X.

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