"L'injonction d'être fort fait souffrir les malades"

“L’injonction d’être fort fait souffrir les malades”

Après Kérosène en 2019, qui est revenu sur sa “peine de vivre” et ses addictions qui ont eu de graves conséquences sur sa carrière, Rose publie cet automne 2022 Les montagnes roses (éditions Eyrolles) qui raconte son combat contre le cancer du sein. Entre chaos psychologique et changements physiques, notamment suite à son opération mammaire, l’interprète de larmes scintillantes livre une histoire poignante au cours d’une année. Celui qui lancera le podcast ce week-end Contre-addictionssur les addictions en tous genres, a accepté de nous en dire plus sur cette épreuve, sans aucun tabou.

rose sur Les montagnes roses : “Ce journal n’était pas destiné à être publié

Télé-Loisirs : Comment vas-tu aujourd’hui ?

Rose : Je vais très, très bien. Vraiment, c’est une chance incroyable, après ce que j’ai vécu, de pouvoir dire ça. Et c’est encore plus agréable d’être bien quand on a été très mal ! Le moindre moment de mieux est un petit miracle. Je suis sur un petit nuage rose, après Les Montagnes Roses. [Elle rit]

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Le courage et la combativité des femmes atteintes de cancer sont souvent loués. Votre livre, au contraire, raconte les difficultés que vous avez rencontrées. Pourquoi était-il important de raconter votre histoire sans jargon ?

Cette injonction à être fort est un peu douloureuse ! Ça te fait aussi souffrir deux fois : tu te dis que tu ne vas pas bien mais que les autres sont forts, donc il faut être fort… Ce mot revient souvent, comme le fameux emoji au bras musclé ! Quand tu fais tout pour être bien et que ça ne marche pas, tu ne veux plus entendre ça. J’étais très honnête car j’écrivais pour moi : c’était un journal qui n’avait pas vocation à être publié. Je me parlais tout seul et voulais garder le souvenir de cette épreuve. Quand j’ai commencé à écrire, j’avoue que je pensais que ce serait très facile ! Je suis assez insouciant, je n’ai jamais peur des choses avant de commencer. Un pic de confiance… et puis on déchante. Finalement, la difficulté n’était pas là où je l’imaginais : le cancer était plus une épreuve psychologique pour moi que physique. J’ai commencé à tomber dès que j’ai commencé l’hormonothérapie. C’est devenu infernal.

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Rose : “Ma traversée du désert a fait l’objet de montagnes roses”

Sur quelles pensées vous êtes-vous attardé lorsque vous étiez au plus mal ?

On m’avait dit que le traitement pouvait affecter la fatigue, l’humeur, la prise de poids… Alors je me suis concentré là-dessus, réalisant que je n’étais ni épuisé ni malade physiquement. Je me suis alors dit que j’étais dans un mauvais état psychologique, encore… J’ai beau informer les médecins, personne ne l’a pris au sérieux. C’était extrêmement douloureux : je me sentais de plus en plus mal, alors que les gens me voyaient de plus en plus guéri.

Lundi 26 avril, vous avez écrit la première page de votre journal. Qu’est-ce qui vous a poussé à le démarrer ?

J’ai toujours des cahiers sur moi ! J’avais commencé par la date et les gribouillis, alors que le radiologue me parlait le jour où j’ai appris le diagnostic. J’ai réalisé que je devais écrire tous les jours, ce que je n’ai finalement pas fait, mais je savais que je devais tout sauvegarder.

Elle se termine un an plus tard, le 26 avril 2022. Pourquoi ?

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C’était super compliqué d’en finir. Mais ma traversée du désert était le sujet : parler de l’opération, de la radiothérapie, des bonnes et des moins bonnes nouvelles… J’ai enfin vu la lumière au bout du tunnel, alors pourquoi ne pas commencer une autre histoire ?

Rose sur le cancer du sein : “Nous ne voulons pas entendre ça’la maladie est derrière nous‘ tant qu’on n’est pas en rémission totale

Avez-vous eu des doutes quant à la publication de ce journal ?

Non ! Ma première chanson a été envoyée à la personne concernée par le texte : J’ai toujours rendu publiques les choses privées. C’est du voyeurisme, de l’égocentrisme et j’ai compris pourquoi je faisais tout ça. Cela me permettrait d’être compris des autres, ce qui était vital car j’ai toujours eu ce problème depuis que je suis petit. Je voulais aussi transmettre : c’est dommage de vivre des choses comme ça et de ne pas pouvoir aider d’autres personnes, malades ou proches qui comprendront peut-être pourquoi on ne veut pas entendre ça”la maladie est derrière nous« Tant qu’on n’est pas en rémission totale et en plus on est sous hormonothérapie depuis cinq ans !

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Comment avez-vous concilié votre la vie de maman et la maladie?

Quand on a une mère qui va très mal et qui se retrouve à Sainte-Anne, c’est compliqué. Mais mon fils est habitué ! [Elle rit] J’avais déjà vécu une période difficile et similaire : son père avait repris la garde, j’ai la chance d’avoir un très bon ex-mari. J’ai dit à mon fils toute la vérité, peut-être un peu trop : “je ne suis pas en état“, “je suis très fatigué“, “j’ai besoin de me soigner“… Enfin, il a trouvé une mère beaucoup plus épanouie qu’avant. Et les enfants oublient vite : ce qu’ils veulent, c’est que tu ne meures pas ! [Elle rit] Comme il n’en était pas question, c’était très rassurant pour lui. Nous n’avons jamais parlé de la mort.

Rose : “Mon combat contre le cancer du sein m’a fait croire

Quel est le plus grand apprentissage de votre rétablissement ?

J’ai gagné la paix. Mais l’apprentissage était l’acceptation. Acceptez que les situations soient telles qu’elles sont et non telles que je voudrais qu’elles soient. Ça m’a appris la patience et… ça a fait de moi une croyante ! J’ai trouvé la foi pendant cette épreuve parce que je n’avais pas d’autre choix que de prier quand j’étais au plus mal. Comme cela a fonctionné, j’ai commencé à croire. Avant, je n’avais pas la foi, pourtant j’y avais été élevée. Je ne croyais à rien d’autre qu’à moi-même. Mais j’avais dans le passé laissé des choses extrêmement nocives diriger ma vie, comme l’alcool, la drogue ou la colère, donc ça ne peut pas me faire de mal !

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