Le projet OL ADN, des premiers couacs qui interrogent

Le projet OL ADN, des premiers couacs qui interrogent

L’académie des étoiles. Réputé pour la qualité de son centre de formation, qui est le mieux classé de France en 2022 avec 4,55 étoiles sur 5, l’Olympique Lyonnais est un véritable pourvoyeur officiel de talents. Un vivier sur lequel l’équipe présidée par Jean-Michel Aulas veut plus que jamais s’appuyer. C’est en tout cas ce qu’avait annoncé le patron de l’OL en mai dernier. « Il faut privilégier l’ADN de l’OL en mettant en confiance un certain nombre de jeunes comme Malo Gusto, Castello Lukeba, Bradley Barcola. Nous voulons faire de Maxence Caqueret le point focal d’une certaine énergie et d’un ADN local. Avec la Gambardella, il y a aussi eu l’émergence de joueurs.

Quelle est la prochaine après cette annonce

En effet, cette nouvelle génération emmenée par le capitaine Yannis Lagha (18 ans) et le très prometteur Mohamed El Arouch (18 ans) a remporté cette compétition en 2022. Les U19 ont également disputé les barrages, tout comme les U17. Une vraie fierté pour les pensionnaires du Groupama Stadium qui ont vu les jeunes triompher tandis que le groupe professionnel sombrait. Huitième de Ligue 1 et non qualifié pour la Coupe d’Europe, l’OL de Peter Bosz n’était clairement pas à la hauteur. Malgré tout, il y a eu quelques points positifs comme la reprise en main de jeunes made in OL comme Malo Gusto, Castello Lukeba et Maxence Caqueret, qui ont confirmé au plus haut niveau. C’est sur cette base solide que les dirigeants ont voulu s’appuyer.

Qu’est-ce que l’ADN OL ?

Des éléments qui ont le fameux ADN OL. Comment le définir autrement ? Lors d’un entretien qu’il nous a accordé en avril 2021, Jean-François Vuilliez, directeur du centre de formation de Lyon, nous en a parlé. « L’ADN de l’OL s’est construit au fil du temps. Elle est liée à un territoire, l’agglomération lyonnaise. L’ADN de l’OL correspond à l’histoire de Lyon, qui est à la fois une histoire pleine d’ambitions et d’innovations. Le Lyonnais est un esthète, il a une culture du beau et ça se voit dans le jeu qui doit être à la fois offensif et spectaculaire. On est à la croisée de trois éléments, c’est Rémi Garde qui l’a dit : le jeu offensif, le jeu spectacle et la formation des jeunes, qui doivent jouer dans cette équipe..

Il avait ajouté : “Il y a l’ADN qui est lié au territoire et à l’équipe professionnelle et puis il y a l’ADN qui est lié au club et à sa formation. Tout doit être connecté et cohérent. Dans l’ADN de la formation, il faut pouvoir capitaliser sur tout ce qui est en place depuis longtemps en matière d’excellence, de contenu de formation. Il faut garder cet héritage, tout ce qui a fonctionné et fonctionne encore tout en faisant évoluer les éléments qui permettent aux joueurs de continuer à progresser.. Lancé dans ce nouveau projet, l’OL a orienté son recrutement en conséquence. Ainsi, les dirigeants ont voulu faire revenir d’anciens membres de la maison, à savoir Rémy Riou, Corentin Tolisso et Alexandre Lacazette.

Lyon a protégé ses Gones

Tous formés à Lyon, ils adorent le club et le maillot. Les faire revenir était donc une évidence pour les leaders qui ont mouillé le maillot pour convaincre Tolisso et Lacazette, qui étaient libres et auraient pu facilement aller ailleurs. Des arrivées qui ont donc ravi de nombreux supporters. Cela a eu pour effet de booster les ventes de maillots et les abonnements. Le premier succès de ce nouveau projet. Cet été, les Rhodaniens ont également enregistré les arrivées de Nicolas Tagliafico, Johann Lepenant, Saël Kumbedi, sans oublier Tetê. Dans le même temps, Lyon a bouclé les prolongations de contrat d’Anthony Lopes, Maxence Caqueret, Rayan Cherki et Mohamed El Arouch.

Les jeunes Yannis Lagha ou Irvyn Lomami ont signé leur premier contrat pro. De quoi satisfaire l’OL, qui a donc mis à l’abri les purs produits du centre de formation. Dans le même temps, Peter Bosz, maintenu sur le banc malgré une année catastrophique, a fait appel à plusieurs jeunes lors de la préparation estivale. L’occasion pour eux de se montrer et de gagner des points pour éventuellement intégrer le groupe professionnel. Certains ont aussi été bons comme Mohamed El Arouch (1 but, 1 passe décisive en 3 matches amicaux). Des buteurs comme lui, Irvyn Lomami, Sofiane Augarreau, Sékou Lega et Philippe Boueye, ont eu du temps de jeu. Malgré cela, seul El Arouch a été intégré au groupe pro lors du premier match face à Ajaccio. Depuis, plus rien.

Les jeunes ont disparu

Hormis Mathieu Patouillet (18 ans), venu prendre le poste de gardien n°3 avec la suspension d’Anthony Lopes en début de saison, plus aucun jeune n’a été appelé par l’entraîneur de l’OL. Certes, Lyon compte dans ses rangs plusieurs joueurs formés au club. Mais ce sont des éléments qui étaient déjà dans le groupe l’an dernier ou qui sont de retour. Lancer de nouveaux talents made in OL n’est évidemment pas une priorité pour le moment. En tout cas, si l’on se fie aux choix de Bosz depuis le début de saison. Pourtant, les jeunes Gusto et Lukeba ont prouvé l’an dernier qu’ils étaient prêts. Leur valeur marchande a même explosé. Johann Lepenant (19 ans), jeune joueur arrivé de Caen, est la meilleure recrue estivale. Rayan Cherki, lui, a fait de bonnes entrées mais reste un éternel remplaçant.

Et que dire des jeunes envoyés en réserve alors qu’il ne serait pas choquant de les voir dans le groupe. Florent Da Silva (19 ans) en est le meilleur exemple. Envoyé en prêt à Villefranche l’an dernier, il a réalisé un superbe Euro U19. Plusieurs clubs se sont même penchés sur son cas cet été (Metz notamment), dont certains souhaitaient un prêt avec option d’achat. Une solution rejetée par Lyon. Dans une impasse, Da Silva, qui ne s’entraînait pas chez les pros, a demandé la résiliation de son contrat selon L’équipe. Ce que nous pouvons vous confirmer. De son côté, l’OL, par la voix de Vincent Ponsot (Directeur du Football), a fermé la porte à un départ. Le joueur né en 2003 a fait son retour avec la réserve le week-end dernier. Mais il doit logiquement aspirer à mieux.

La gestion des talents qui commence à agacer

Plusieurs éducateurs et dirigeants ne comprennent pas sa gestion et celle des autres jeunes, nous a-t-on dit. Des jeunes qui pour beaucoup sont déçus, selon une source proche de l’OL, car on leur avait vendu un projet centré autour de l’ADN de l’OL, mais au final il y a eu peu de changements. Ceci, alors que certains ont montré de bonnes choses et ont eu une bonne attitude lors de la préparation. Mais Bosz, qui est menacé selon nos informations, est têtu et ne leur fait pas de place. Une source proche d’un membre de l’équipe pro de l’OL acquiesce. « OL DNA est un faux projet. C’est pour les supporters, la communication et le marketing. Nous ne voyons aucun changement par rapport à avant. Ils ont signé des contrats de professionnalisation ou des prolongations à des jeunes, mais on ne les voit pas..

Ailleurs en France, d’autres clubs n’hésitent pas à faire jouer les jeunes pépites. C’est le cas du Stade Rennais, qui a vendu Mathys Tel, (17 ans) au Bayern Munich cet été et qui parie sur Désiré Doué (17 ans, né en 2005). Malgré un effectif cinq étoiles au PSG, Christophe Galtier a par exemple donné du temps de jeu à Warren Zaïre-Emery (16 ans, né en 2006, 2 apparitions). C’est aussi possible car Paris joue sur plusieurs tableaux, ce qui n’est pas le cas de Lyon. Mais avec des matches abordables en début de saison (Ajaccio, Troyes, Auxerre), certains jeunes, qui se sentent un peu trahis car les paroles ne sont pas suivies d’actes, auraient pu avoir leur chance d’être au moins dans le groupe voire d’avoir quelques minutes de jeu.

Les jeunes paient le prix du dégraissage raté

Ils font les frais de la gestion de Peter Bosz mais aussi des mercato récents et de la concurrence (recrutement de Faivre pour 18 millions d’euros qui est remplaçant par exemple). Mais le club olympien paie surtout son dégraissage raté. Plusieurs éléments (Aouar, Dembélé, Da Silva, Boateng) ne sont pas partis. Résultats : L’OL se retrouve avec un effectif quantitativement trop important qui ne lui permet pas d’offrir des opportunités aux jeunes. Cependant, certains auraient pu avoir leur mot à dire. C’est le cas du polyvalent Irvyn Lomami, convoqué plusieurs fois dans le groupe l’an dernier et qui aurait pu être la doublure de Gusto. Mais Bosz n’était visiblement pas convaincu et Lyon a misé sur Saël Kumbedi (17 ans) pour remplir ce rôle. Ce dernier, envoyé avec la réserve, n’a pas encore été utilisé.

Si bien sûr nous n’en sommes qu’au début de ce nouveau cycle et qu’il faut encore laisser à chacun le temps de poser les bases, le projet OL ADN n’a pas vraiment provoqué de réel changement à Lyon pour l’instant. , où finalement la marque de fabrique de ces dernières années reste l’irrégularité et l’absence d’un vrai style de jeu. La présence d’un directeur sportif, qui aurait eu l’autorité et les compétences pour assurer le bon fonctionnement du nouveau projet et l’accueil des nouveaux jeunes, fait également cruellement défaut. En attendant, l’Olympique Lyonnais continue d’avancer et les Baby Gones attendent dans les coulisses. Le changement n’est pas pour maintenant !

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