le "glacier du bout du monde" sur le point de s'effondrer !

le “glacier du bout du monde” sur le point de s’effondrer !

Ana Flavia Martins Ana Flavia Martins Météorisé Brésil 6 minutes
Effondrement du glacier Thwaites
Comment les glaciers réagissent-ils aux scénarios de changement climatique ?

La dite “glacier de l’apocalypse”, “glacier apocalyptique” ou “glacier de l’apocalypse” est situé dans l’ouest de l’Antarctique. Il est considéré comme l’un des plus grands glaciers du monde et mesure environ 120 km de large et 600 km de long. Son nom d’origine est Thwaites Glacier, et ces surnoms font référence à haut risque d’effondrement et la menace sur le niveau mondial de la mer.

Selon la NASA, il s’agit d’une fraction de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental qui contient suffisamment de glace pour élever le niveau de la mer de 4,8 mètres. Et alors que la crise climatique se poursuit, cette région a été surveillée pour sa fonte rapide et sa capacité de destruction côtière étendue.

Le glacier Thwaites pose un énorme défi aux scientifiques qui tentent de faire des prédictions mondiales sur l’élévation du niveau de la mer. Cette énorme masse de glace est déjà en phase de retrait rapide (un “effondrement” si on se place à l’échelle des temps géologiques), soulevant des inquiétudes quant au moment ou à la vitesse à laquelle il pourrait libérer sa glace dans l’océan.

Selon les scientifiques, avec sa fonte complète, le niveau des océans aurait tendance à monter de 0,91 à 3,05 mètres, menaçant environ 40% de la population humaine vivant dans les zones côtières.

Image 3D des fonds marins devant le glacier Thwaites
Les images recueillies par le véhicule Rán ont montré des caractéristiques géologiques nouvelles pour la science. Source : Alastair Graham, Université de Floride du Sud.

Ce glacier inquiète les scientifiques depuis des décennies. En 1973, les chercheurs se sont demandé si le risque d’effondrement était élevé. Près de dix ans plus tard, on a découvert que le glacier étant ancré au fond de la mer, les courants océaniques chauds peuvent le faire fondre par le bas et le déstabiliser. À partir de là, les scientifiques ont commencé à considérer la région autour de Thwaites comme “le point faible de l’Antarctique occidental”.

Les courants océaniques peuvent faire fondre le glacier par le bas, au point qu’il est considéré comme le point faible de la calotte glaciaire de l’Antarctique occidental.

En 2001, les données satellitaires ont montré que la ligne terrestre s’éloignait d’environ 1 km/an. En 2020, des preuves ont été découvertes que l’eau chaude faisait fondre le glacier par le bas. Dès 2021, une étude montrait que la banquise, qui contribue à stabiliser le glacier, pourrait s’effondrer d’ici cinq ans.

Dans un article publié en septembre dans Nature Geoscience, des experts des États-Unis, du Royaume-Uni et de Suède ont analysé les fonds marins à proximité du glacier et ses formations géologiques, dans le but de cartographier, pour la première fois et en haute résolution, sa retraite historique.

L’expédition a eu lieu en 2019 et a impliqué un véhicule robotique à la pointe de la technologie chargé de capteurs d’imagerie, appelé Rán, qui peut résister à des conditions extrêmes de pression et de température. Cette équipe est passée presque 20 heures pour collecter des images et des données du fond de l’océan au large du glacier Thwaites. Le robot a cartographié une zone équivalente à la ville de Houston (USA) à une profondeur de 700 mètres.

L’équipe a documenté plus de 160 crêtes qui ont été créées, comme une “empreinte géologique”, alors que le bord du glacier se retirait, montant et descendant avec les marées, aidant ainsi à comprendre ce qui pourrait arriver dans le futur.

Quelles sont les principales conclusions de cette étude ?

Les résultats ont montré qu’à un moment donné au cours des 200 dernières années, pendant une période de moins de six mois, l’avant du glacier a perdu le contact avec une crête du fond de l’océan et s’est retiré – ou s’est effondré – à une vitesse de plus de 2,1 km/h par an. C’est le double du taux observé par les scientifiques au cours de la dernière décennie.

De plus, ils montrent que la structure volumineuse de l’Antarctique est capable de fondre à un rythme plus rapide que prévu en peu de temps, ce qui accroît les inquiétudes concernant l’élévation du niveau de la mer et le risque pour les villes côtières. Selon les scientifiques, cette recherche représente un changement de perspective majeur.

Dans le passé, on pensait que les réponses de la calotte glaciaire au changement climatique prenaient plus de temps à se produire. Aujourd’hui, des informations géologiques récentes confirment que ces réactions se produisent plus rapidement que prévu.

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