grâce au duo Mbappé-Giroud, les Bleus sortent un peu du marasme

grâce au duo Mbappé-Giroud, les Bleus sortent un peu du marasme

    Olivier Giroud félicite Kylian Mbappé après son but face à l'Autriche lors de la 5e journée de Ligue des Nations, au Stade de France, à Saint-Denis, le 22 septembre 2022.

Alors que le football français a envahi l’actualité ces derniers jours, les Bleus ont eu la bonne idée de remporter un match de football ce jeudi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) face à l’Autriche (2-0) lors du 5e Journée de la Ligue des Nations. Oui, la dernière création de l’UEFA sent encore un peu le neuf, mais le vainqueur parvient tout de même à y trouver du charme. Ce fut le cas en octobre dernier avec une équipe de France, triomphante à Turin, mais déjà hors course pour se succéder depuis sa mauvaise série en juin (deux nuls, deux défaites).

“Il n’y a rien de mieux que la victoire”, a lâché un Didier Deschamps concis et quelque peu soulagé. Pas encore de quoi hisser les drapeaux aux fenêtres ou klaxonner sur les Champs-Elysée. Dans l’esprit du sélectionneur, cette séance d’automne contre l’Autriche puis le Danemark dimanche à Copenhague devait être une ultime répétition générale avant de s’envoler vers le Qatar et la Coupe du monde dans deux mois.

Lire aussi : France-Autriche : Kylian Mbappé et Olivier Giroud offrent la victoire aux Bleus

Mais n’importe quel metteur en scène vous le dira, pas facile de répéter une pièce avec douze acteurs absents, dont plusieurs têtes d’affiche (Karim Benzema, Hugo Lloris, Paul Pogba, N’Golo Kanté, Presnel Kimpembe ou encore les frères Hernandez). Heureusement, Kylian Mbappé n’a eu aucun mot du médecin pour s’excuser. Quand il n’est pas occupé à redéfinir les contours juridiques du droit à l’image en sélectionnant et triant parmi les partenaires de la Fédération française de football ceux qui sont compatibles ou non avec ses valeurs et son image, le Parisien sait aussi changer le cours d’une Jeu.

A sa manière et en un éclair, à la 56e minute. Une passe d’Olivier Giroud, une accélération entre quatre Autrichiens transformée en enjeu, comme dans leur slalom adoré de Schladming, et une frappe imparable (1-0) pour finir le travail. Joie et soulagement. Avant cet éclair, les Bleus ressemblaient à une équipe qui n’en était pas tout à fait une. Logique, quand il manque la moitié de vos titulaires et qu’il faut tenir la main à deux nouveaux venus, les Monégasques Benoît Badiashile et Youssouf Fofana, plutôt à l’aise par ailleurs.

“Presque impossible à défendre” face à Mbappé

De nouveau habillés en 3-5-2 par leur entraîneur, les Français ont alterné bonnes intentions, imprécisions et occasion gâchée face à des Autrichiens pas décidés à trop sortir le nez de leur moitié de terrain. Les champions du monde continuent également d’abuser de leur forfait de blessures. Aux douze initiales d’avant-match s’ajoutent en première mi-temps celles du défenseur Jules Koundé (ischio-jambiers) et du gardien Mike Maignan (mollet), pourtant au chômage technique.

A la reprise, les Autrichiens ont eu la gentillesse de se découvrir enfin d’un fil et d’offrir des espaces à une équipe française, plus à l’aise sur une autoroute à quatre voies. Après tout, on ne se réconcilie pas. Surtout avec un atout comme Kylian Mbappé dans sa manche. Nous devons écouter et traduire de l’allemand les paroles de Ralf Rangnick. ” Si Mbappé avait joué avec nous ce soir, le match n’aurait peut-être pas été le même. Mais malheureusement, nous n’avons pas Kylian Mbappé. »

L’entraîneur autrichien ne se contente pas de pousser une porte ouverte dans l’auditorium du Stade de France, il traduit l’impuissance et l’inquiétude des adversaires (« dans un bon jour, il est presque impossible de se défendre contre lui”, avoue même le capitaine autrichien David Alaba) face à la menace posée par l’attaquant du Paris-Saint-Germain.

Si on l’associe à un probable futur Ballon d’Or (Karim Benzema), on a quelques arguments pour débattre et même contrer les déclinants du moment, convaincus d’une chute rapide et inéluctable de la maison bleue au Qatar. Une victoire n’efface pas tout, mais elle aide à revoir le verre à moitié plein.

De fait, il met un terme à une série de quatre matchs sans victoire, éloigne un peu le spectre d’une éventuelle relégation en Ligue B des Nations (à confirmer contre le Danemark dimanche) qui n’est au fond qu’une aventure sportive dans l’actualité. contexte (affaire Pogba, audit ministériel à la fédération). Didier Deschamps l’a avoué la semaine dernière, il a déjà “climat connu plus paisible”.

Giroud à deux buts du record d’Henry

Ce jeudi, l’entraîneur n’a parlé que de football, qu’il ” favori “. Sauf peut-être lorsqu’il s’agit d’évoquer le cas d’Olivier Giroud. Dans la semaine, l’attaquant de 35 ans a juré dans un entretien accordé à M6 être prêt à peaufiner le banc des stades qatariens, aéré et heureux de servir la France en simple remplaçant. Mais lorsqu’il débute, toujours en l’absence de Benzema désormais, le joueur de l’AC Milan marque. Au Giroud. Une reprise de la tête tout en puissance et en détermination sur un centre d’Antoine Griezmann (65e) pour se rapprocher à deux unités du record de buts en équipe de France de Thierry Henry (49).

De quoi relancer le débat sur sa présence dans la liste pour la Coupe du monde. A ce sujet, le seul décideur a décidé de ne pas trop en dire. « Il doit continuer à performer. Mais n’interprète pas ce que je disprévient Deschamps. Ai-je dit qu’il serait là ou pas ? Non. Mais il fait tout pour être là. » Et si tel est le cas, Giroud aura l’occasion d’évoquer avec Kylian Mbappé – avec qui il a affiché une grande complicité dans le jeu mais aussi dans la célébration de leur but ce jeudi – la question de la convention régissant le droit dans le collectif l’image des Bleus.

Lire aussi : Après les récriminations de Kylian Mbappé, la Fédération française de football “s’engage à réviser” l’accord sur le droit à l’image

Comme très souvent, le Bondynois n’a pas défilé pour s’expliquer devant les journalistes à ce sujet. « Ce n’est pas moi, c’est toute l’équipe qui voulait ça. Moi, ça ne me dérange pas de me mettre sous les projecteurs, quitte à être critiqué si c’est bénéfique pour mes coéquipiers.”, a-t-il assuré. Une sortie maîtrisée et étudiée par rapport à la realpolitik du vestiaire. Mercredi, Mbappé a reçu un soutien solide, celui de Raphaël Varane. C’est un “demande simple, logique et légitime”, a soutenu en conférence de presse le vice-capitaine. A 23 ans, Kylian Mbappé va aussi vite sur le terrain que pour assumer des responsabilités à l’extérieur, tant au PSG qu’en équipe de France. Vertigineux.

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