Il y aurait actuellement près de 80 millions d'animaux de compagnie en France.

Amener son chien ou son chat au bureau, pour quoi faire ?

Publié le 19 sept. 2022 à 17:26Mis à jour le 19 sept. 2022 à 17 h 30

La France est l’un des pays industrialisés au monde qui possède le plus d’animaux de compagnie, c’est-à-dire un animal qui n’a aucun intérêt productif. En 2022, il semblerait que près de 80 millions d’animaux de compagnie soient présents en France. Très souvent, il s’agit d’un chien, d’un chat, de poissons, d’oiseaux mais aussi de nouveaux animaux de compagnie comme des rats ou des gerbilles, etc. Il s’avère qu’un foyer sur deux possède un animal de compagnie.

Du côté des entreprises, la présence des animaux de compagnie reste aujourd’hui marginale et concerne très souvent les start-up. Pourtant, ces compagnons peuvent parfois s’avérer indispensables. C’est le cas de certaines personnes handicapées. Par exemple, l’accès des chiens guides ou d’assistance accompagnant un travailleur, qu’il soit salarié ou stagiaire, aux locaux de l’entreprise affectés à l’ensemble du personnel (locaux d’accueil, d’accueil, de restauration, aires de repos, lieux de passage, etc.), aux locaux de travail, de réunion ou de les salles de formation ne peuvent être interdites par l’employeur.

De plus, la crise du Covid-19 a bouleversé l’organisation du travail. Le travail hybride invite les salariés à s’approprier de nouveaux espaces de travail qui facilitent la garde et le soin des animaux de compagnie. Selon la direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares), 27 % des salariés pratiquaient le télétravail en France en 2021, contre 4 % en 2019.

Son intérêt pour le travail

De plus, 8 télétravailleurs sur 10 souhaitaient continuer. De son côté, l’Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) estime que le travail hybride deviendra bientôt la norme et que le télétravail se stabilisera autour de deux jours par semaine en moyenne d’ici 2025.

Ainsi, aujourd’hui, il semble légitime de reconsidérer la question de l’intérêt et de la place de l’animal de compagnie dans le cadre du travail.

Une entreprise plus vivante et familière

Depuis longtemps, de nombreuses études essentiellement anglo-saxonnes se sont attachées à analyser l’intérêt des animaux de compagnie dans des lieux et des problématiques totalement étrangers à l’entreprise. A notre connaissance, notre recherche est ainsi présentée comme atypique puisque, dans le cadre d’une recherche qualitative et quantitative, nous avons interrogé 133 salariés ayant eu un chien sur leur lieu de travail afin d’en mesurer les conséquences possibles en termes d’engagement et de réduction du stress.

Concernant la première partie de l’enquête, il s’agissait d’analyser la notion d’implication. Les recherches montrent que les jeunes salariés (moins de 25 ans) sont plus impliqués que les autres individus lorsqu’ils sont accompagnés d’un animal. Cet attachement est également plus marqué chez les femmes que chez les hommes. De plus, les recherches montrent que plus le salaire est faible, plus l’attachement à l’entreprise est important pour le salarié travaillant aux côtés de l’animal. Ainsi, en termes d’implication managériale, si l’entreprise fonctionne avec des jeunes salariés à faibles revenus, elle peut s’attendre à une plus grande implication de son personnel, voire à le retenir.

Concernant la variable “stress”, il s’est avéré que l’animal a une forte influence sur les troubles de l’humeur (anxiété, irritabilité, découragement) et les troubles de tension (maux de tête, nervosité, etc.). L’animal contribue à l’amélioration d’un cadre de vie. L’entreprise s’avère plus vivante, plus familière. Les salariés les moins bien payés, et qui plus est les femmes, semblent être les plus attirés par cet environnement.

De manière générale, au sein de l’entreprise, il nous est apparu que l’animal de compagnie ne laisse à aucun moment indifférent ni le salarié ni l’entourage proche ou lointain de ce dernier (fournisseur, client, patient, etc.). .). Elle peut s’avérer un instrument précieux pour réinventer de nouveaux rapports sociaux. Paradoxalement, dans certaines situations, elle contribue à humaniser les relations humaines.

Une présence qui ne s’improvise pas

Enfin, il nous semble important de préciser que bien que cette recherche exploratoire nous semble prometteuse, la présence de l’animal de compagnie s’avère impossible dans certains secteurs d’activité à fortes contraintes sanitaires ou de sécurité.

De plus, la présence d’un animal de compagnie ne s’improvise pas et nécessite une vraie réflexion collective pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’employeur est soumis à une obligation de sécurité concernant la santé physique et mentale de l’ensemble de ses salariés. Cependant, la santé physique et mentale de certains salariés peut être affectée s’ils révèlent une véritable phobie ou présentent des signes d’allergie à un animal.

De plus, même un animal de compagnie éduqué et sociable peut être agressif, mordre, aboyer ou transmettre certaines maladies comme la teigne ou le ver solitaire à l’homme. Enfin, la multiplication des animaux de compagnie dans un petit espace peut être compliquée à gérer. Il appartient donc à l’employeur, dans le cadre de son pouvoir de gestion, d’accepter ou de refuser la présence d’animaux dans ses locaux.

Si la présence d’un animal de compagnie peut présenter de nombreux avantages et peut laisser présager une réussite partagée, l’autorisation de sa présence nécessite donc sans doute la discussion et l’adhésion d’un collectif.

Cet article est republié de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article d’origine.

Pierre Chaudat, maître de conférences HDR, IAE Clermont Auvergne – Ecole de management, Université Clermont Auvergne (UCA)

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